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35 années dédiées à la protection de l’environnement : L’histoire de Steve Chevarie

Steve Chevarie, technicien de la faune dans l’équipe des études environnementales et changements climatiques, travaille depuis maintenant 35 ans chez Englobe. Nous avons eu la chance de rencontrer Steve et de discuter de ce que cela représente pour lui de faire partie d’une équipe qui a un réel impact sur l’environnement. Lors de cette entrevue, il discute également de son rôle dans l’encadrement de la prochaine génération et offre de judicieux conseils à la relève.

Les questions et les réponses ont été éditées pour des raisons de clarté et de longueur.

À quoi ressemble ton rôle chez Englobe ?

Je me spécialise plus spécifiquement en milieux aquatiques, donc tout ce qui a trait à l’eau, la végétation aquatique, les poissons et les sédiments. Je suis appelé à travailler un peu partout, mais particulièrement dans la province du Québec, de la frontière américaine jusqu’au Nunavik. Je participe à plusieurs projets chaque année qui consistent entre autres à échantillonner des sédiments, des poissons et de l’eau afin de faire analyser dans un laboratoire externe leur niveau de contamination.

Je vais souvent être appelé à participer à des projets afin d’aller mesurer l’impact d’un projet hydroélectrique sur les populations de poissons en raison de la construction de digues et de barrages. Je vais donc aller faire des pêches avant le projet pour inventorier les espèces de poissons présentes et localiser les différents sites de fraie qui peuvent être impactés par le projet. Les données que je récolte au terrain seront analysées par nos biologistes qui proposeront par la suite l’aménagement de nouvelles frayères. Quand le projet est terminé, mon mandat est de retourner sur les nouvelles frayères qui ont été aménagées et de valider si l’aménagement est utilisé comme prévu par les différentes espèces de poissons.

Du côté laboratoire, je fais à l’occasion des analyses sur la qualité de l’eau, des prélèvements de chair et de structures osseuses sur des poissons. Les échantillons de chair sont envoyés dans un laboratoire externe pour l’analyse des contaminants, tandis que les structures osseuses (écailles, opercules, etc.) sont conservées pour être lues plus tard en saison. Lorsque les activités de terrain diminuent à la fin de l’automne, mes collègues de travail et moi déterminons l’âge des poissons capturés en regardant les structures osseuses récoltées.

À quoi ressemble une journée typique pour toi ?

Lors d’une journée typique pendant l’été, je passe à l’entrepôt et je charge l’équipement nécessaire à la réalisation du mandat. Rendus sur le terrain, nous tenons une courte réunion de sécurité avec tous les membres de l’équipe et mettons les embarcations à l’eau. Par la suite, je commence le prélèvement des différentes données dont nous avons besoin. Puisqu’on travaille en milieux aquatiques, il faut être particulièrement prudents pour ne pas échapper d’équipement dans l’eau, ce qui présente un défi supplémentaire dans ma journée. En fin d’après-midi, je retourne à l’entrepôt et je sauvegarde les données récoltées lors de la journée (Fiches de terrain, photos, points GPS, etc.). Je finis ensuite ma journée de travail en envoyant un courriel au chargé de projet pour résumer la journée et donner un bilan du mandat en cours.

Je me considère extrêmement chanceux de pouvoir exécuter mon métier aujourd’hui et d’avoir un réel impact sur l’environnement et les communautés que j’ai rencontrées.

Qu’est-ce que tu aimes le plus de ton travail ? 

Ce que je préfère de mon travail, c’est définitivement le fait que je suis appelé à aller travailler un peu partout au Québec, surtout pendant la période estivale. Même si mon travail m’oblige parfois à quitter la maison pour plusieurs semaines consécutives, il me permet tout de même de récolter des échantillons sur les plus beaux territoires du Québec. J’ai même eu la chance de travailler des milliers d’heures en hélicoptère et en hydravion. C’est un énorme privilège pour moi d’avoir la chance de faire ça grâce à mon travail. Ce n’est pas n’importe qui qui a cette chance-là.

Quels projets t’ont le plus marqués au cours de ta carrière ?

Dans mes 35 dernières années de service, j’ai eu la chance de travailler sur de magnifiques projets. Les projets dans le Grand Nord ont une place particulière dans mon cœur en raison de leurs paysages époustouflants. Le projet qui m’a le plus marqué fut mon premier projet en carrière, qui était situé dans la communauté des Inuits au Nunavik. C’était vraiment impressionnant, car tu es à seulement deux heures et demie d’avion de Montréal, tu restes dans la même province, mais c’est une culture et des coutumes complètement différentes. C’est impressionnant d’être si proche, mais si loin de la réalité de Montréal en même temps. Sans oublier que ce projet m’a fait découvrir parmi les plus beaux paysages que j’ai eu la chance de visiter dans ma vie. 

Il y a aussi les projets sur le territoire de la Baie-James (rivières Eastmain et Rupert) qui m’ont permis de travailler avec une espèce de poissons très particulière qu’on retrouve moins dans ma région. J’ai eu la chance d’apprendre à connaître l’esturgeon jaune, qui peut atteindre jusqu’à 50 kilos et qui a des habitudes très spéciales. J’ai donc eu l’opportunité de découvrir de nouvelles espèces que je ne connaissais pas beaucoup avant.

Pourquoi as-tu à cœur les études environnementales ?

La réponse est simple. En travaillant chez Englobe, je travaille dans une équipe qui a un réel impact sur la communauté et l’environnement, et c’est ça qui est important pour moi. Si l’environnement nous lâche, nous ne serions pas en train de nous parler en ce moment. La protection de l’environnement est une préoccupation mondiale à laquelle il est urgent de répondre. Je remarque déjà que les saisons sur le terrain ont beaucoup changé, et c’est très alarmant. Travailler dans une équipe qui a à cœur les études environnementales, c’est ma façon de redonner à l’environnement et c’est ce qui me motive à travailler chez Englobe. La protection des espèces marines et des eaux est cruciale au maintien de l’environnement.

J’adore être en nature et dehors, alors c’est certain que j’aimerais qu’on préserve la nature le plus longtemps possible. C’est ce qui m’a fait choisir mon métier. Je suis heureux et fier de contribuer à faire une différence notable.

Quel type de leadership ou de mentorat mets-tu en avant dans tes relations de travail ?

J’encourage beaucoup l’autonomie dans mon mentorat. C’est sûr qu’au début, personne n’est entièrement autonome, ce qui est très normal, mais j’encourage beaucoup la prise d’initiatives dans mon équipe. Il y a une grande rotation de projets dans notre équipe, ce qui amène les membres à acquérir de nouvelles compétences et connaissances fréquemment. Cela amène les plus juniors à prendre plus d’initiatives et de responsabilités, et ils sont dorénavant appelés à être le mini-mentor d’un nouvel arrivant dans l’équipe. C’est ce qui permet d’assurer une nouvelle relève efficace et de mener à bien les projets.

À tous les jours, je souligne à mon équipe l’importance de la rigueur dans chaque étape d’un projet. Il est important de bien connaître les objectifs du devis du projet pour être en mesure d’arriver sur le terrain et d’exécuter un plan. Évidemment, il y a toujours un plan de projet, mais il y aussi souvent des imprévus. Alors, bien que la rigueur soit importante, il est tout aussi important pour moi de guider mon équipe et de leur expliquer comment s’ajuster lors de situations particulières. Cela arrive qu’on ne soit pas capable de rencontrer les objectifs comme prévu, mais une chose que j’aime dire aux membres de mon équipe, c’est qu’il ne faut pas être gêné d’appeler le chargé de projet et d’expliquer la situation telle qu’elle est. Mon mentorat est donc aussi axé sur la résolution efficace de problèmes. C’est important d’être capable d’ajuster le plan en cours de route et d’être en mesure de s’adapter.

Aurais-tu des conseils à donner à la prochaine génération de l’ingénierie ?

Dans le domaine de l’environnement, je tiens à dire qu’il y a certains sacrifices à faire. Par exemple, on doit parfois sacrifier des fins de semaines ou des congés fériés puisqu’on n’a pas nécessairement de contrôle sur les activités des poissons. L’autre contrainte est que les projets en régions éloignées imposent souvent de partir pour plus d’une semaine. Donc ça arrive à l’occasion de devoir sacrifier quelques jours de congés, mais ça vient tout de même avec des avantages extraordinaires. Nous avons la chance d’accéder à des territoires auxquels je n’aurais jamais pu accéder à l’extérieur de mon travail et de rencontrer des personnes extraordinaires provenant de différentes cultures. Alors, mon conseil est le suivant : Oui tu vas devoir travailler fort et tu vas devoir faire des sacrifices, mais tu verras, les avantages de ce travail l’emportent facilement sur les sacrifices. Il ne faut surtout pas uniquement voir le côté sombre de la médaille. Je me considère extrêmement chanceux de pouvoir exécuter mon métier aujourd’hui et d’avoir un réel impact sur l’environnement et les communautés que j’ai rencontrées.

Pour terminer, à l’extérieur du travail, qu’est-ce qui te passionne ? 

Avant de travailler dans le domaine de l’environnement, je dois avouer que j’avais une grande passion pour la pêche et la chasse. Maintenant, je dirais que je suis davantage un voyeur de la nature, plutôt qu’un exploiteur de la nature. J’adore faire des randonnées pédestres avec ma conjointe et nous sommes particulièrement adeptes de l’ornithologie, c’est-à-dire que nous aimons beaucoup étudier le comportement des oiseaux et prendre des photos. J’adore me promener et découvrir de nouvelles espèces. Je suis un vrai mordu de la nature. C’est pourquoi la protection de l’environnement est d’autant plus cruciale pour moi.

Englobe est l'une des principales entreprises canadiennes spécialisées en ingénierie et en sciences de l'environnement.