Intégrer le développement durable chez Englobe : une conversation avec Geneviève David Watson
Chez Englobe, le développement durable ne se limite pas à la simple publication de rapports. Il s'articule autour de la manière dont l'entreprise prend ses décisions au quotidien, soutient les membres de son équipe, mesure son impact au sein des communautés et dans différents secteurs, et planifie sa croissance et sa résilience à long terme.
À titre de directrice ESG, Geneviève David Watson contribue à orienter ce travail en reliant la stratégie, la gouvernance et la responsabilisation à des actions concrètes dans l’ensemble de l’entreprise. Elle apporte une perspective systémique aux priorités environnementales, sociales et de gouvernance d’Englobe, y compris à l’élaboration du Rapport de développement durable annuel d’Englobe au cours des deux dernières années, ainsi qu’au cadre de performance ESG de l’entreprise.
Dans l’entretien ci-dessous, Geneviève partage comment Englobe intègre le développement durable, la transparence, la lutte contre les changements climatiques et la résilience à long terme dans ses activités et sa croissance – et pourquoi cela est si important.
Remarque : les questions ont été légèrement adaptées pour en faciliter la clarté, et certaines réponses ont été abrégées par souci de concision.
Englobe : Votre parcours professionnel est multidimensionnel. De quelle façon vos expériences passées et votre formation influencent-t-elles aujourd’hui votre approche du leadership ESG chez Englobe?
Mon parcours professionnel se situe à l’intersection du développement durable, des politiques publiques et de la transformation organisationnelle.
Après avoir obtenu une maîtrise en environnement et développement durable, j’ai commencé ma carrière en travaillant étroitement avec des municipalités et des organismes environnementaux afin de soutenir l’action climatique, l’élaboration de politiques et la mobilisation des parties prenantes, tant à l’échelle provinciale que locale. Cette première expérience m’a donné une compréhension systémique de la façon dont les enjeux environnementaux et sociaux se traduisent en incidences concrètes sur les plans opérationnel, réglementaire et communautaire.
J’ai ensuite fait le saut vers le secteur privé, où j’ai passé plusieurs années à bâtir et à diriger des stratégies ESG et de développement durable dans l’industrie de la construction et de l’immobilier. Dans ce rôle, j’ai élaboré des cadres ESG à l’échelle de l’entreprise, mis en place des structures de gouvernance, dirigé le suivi et la communication de l’information en matière de développement durable et soutenu l’intégration d’objectifs de décarbonation, d’efficacité énergétique et de responsabilité sociale dans de grands projets de développement.
Cette expérience a renforcé ma conviction que le développement durable peut — et doit — être un levier stratégique de création de valeur, de gestion des risques et de résilience à long terme lorsqu’il est intégré aux décisions d’affaires fondamentales.
dit Geneviève David Watson, Directrice ESG chez Englobe
Chez Englobe, j’apporte cette perspective combinée à la conception et au déploiement d’une stratégie ESG centralisée, mais adaptable, qui reflète la diversité et l’ampleur de nos activités.
Diriger l’élaboration de notre Rapport de développement durable et de notre cadre de performance ESG a été l’occasion d’aligner notre expertise technique, nos équipes et nos valeurs autour d’une vision commune de la croissance responsable.
Englobe : Que doit-on faire pour que le développement durable passe d’une ambition à long terme à un élément véritablement intégré au fonctionnement d’une entreprise?
À mon avis, la différence entre une stratégie ambitieuse et une stratégie véritablement intégrée à la culture d’une entreprise réside dans l’exécution, la responsabilisation et la prise de décision au quotidien. Les stratégies ambitieuses reposent souvent sur des engagements de haut niveau et des ambitions à long terme, mais demeurent déconnectées des réalités opérationnelles.
À l’inverse, une stratégie intégrée est clairement arrimée aux priorités d’affaires, soutenue par la direction, mesurée au moyen d’indicateurs pertinents et comprise par les employé.e.s comme faisant partie de « notre façon de faire », et non comme un ajout.
Chez Englobe, combler cet écart a demandé un effort délibéré et structuré. L’un des facteurs clés a consisté à traduire les priorités ESG en actions concrètes qui trouvent écho dans la diversité des contextes opérationnels de l’organisation.
Plutôt que d’appliquer une approche uniforme, nous avons cherché à adapter notre cadre ESG aux réalités de nos lignes de service, de nos régions et de nos équipes, tout en maintenant une vision claire et centralisée ainsi qu’une structure de gouvernance solide.
Enfin, la culture joue un rôle essentiel. Chez Englobe, nous avons travaillé à intégrer le développement durable au moyen de communications continues, de la mobilisation à l’interne et de l’alignement du leadership, en positionnant le développement durable et la responsabilité comme des objectifs partagés plutôt que comme la responsabilité d’une seule équipe.
En reliant les résultats en matière de développement durable à l’excellence opérationnelle, à la gestion des risques et à la création de valeur à long terme, nous avons réussi à en faire un élément concret, pertinent et durable de la culture de l’organisation.
Englobe : Alors qu’Englobe poursuit sa croissance, quels progrès réalisés en 2025 vous semblent les plus marquants — et où l’organisation a-t-elle rencontré le plus de défis?
En 2025, l’un des progrès les plus significatifs chez Englobe a été le renforcement de l’inclusion et de la gouvernance.
Nous avons pris des mesures concrètes pour faire progresser l’inclusion et le sentiment d’appartenance, notamment par l’obtention de la certification de l’organisation La Gouvernance au féminin et par la formalisation de comités consacrés à l’inclusion et au leadership des femmes. Ces structures ont permis d’ancrer davantage l’inclusion dans nos processus décisionnels.
Nous avons également lancé des groupes-ressources pour les employé.e.s, créant des espaces sûrs et structurés où les employé.e.s peuvent se réunir, partager leurs perspectives et contribuer à une culture plus inclusive.
En parallèle, nous avons activé notre plan de réduction des GES, avec de nouvelles actions ciblant notre parc de véhicules et les activités de nos bureaux, traduisant ainsi nos engagements climatiques en mesures opérationnelles tangibles.
Parallèlement, l’un de nos principaux défis a été d’assurer l’alignement en matière de développement durable dans un contexte de croissance rapide. Alors qu’Englobe continue de croître par acquisitions, il est essentiel — et complexe — de veiller à ce que les nouvelles équipes et entités adhèrent à notre vision du développement durable, à nos initiatives et à notre suivi de la performance.
Maintenir la cohérence, l’élan et la mobilisation au sein d’une organisation en croissance exige une forte coordination et une grande capacité d’adaptation. Cela demeure un point d’attention clé à mesure que nous poursuivons le déploiement de nos efforts en développement durable.
Englobe : Pourquoi la transparence — notamment en ce qui concerne les contraintes ou les aspects à améliorer — est-elle si importante aujourd’hui dans le suivi et la communication de l’information liée au développement durable?
Les temps changent, et le développement durable n’est plus une tendance; c’est une attente à long terme de la part des employé.e.s, des client.e.s, des partenaires et des communautés.
Dans ce contexte, la transparence est essentielle pour instaurer la confiance et la crédibilité. Être ouverts non seulement à propos de nos progrès, mais aussi de nos limites et des aspects à améliorer, témoigne de la maturité et de l’authenticité de notre approche.
Les parties prenantes accordent de plus en plus de valeur à des résultats tangibles plutôt qu’à des déclarations ambitieuses. La transparence permet d’ancrer nos engagements dans la réalité.
En reconnaissant clairement où nous en sommes, là où nous progressons et là où il serait important de faire plus de travail, nous renforçons la crédibilité de nos efforts en développement durable et créons une base solide pour l’amélioration continue et la responsabilisation.
Englobe : En se tournant vers l’avenir, qu’est-ce qui vous rend optimiste quant au parcours d’Englobe en matière de développement durable?
Ce qui me rend la plus optimiste quant au parcours d’Englobe en matière de développement durable, c’est le fort alignement entre ce que nous faisons comme firme d’ingénierie et l’essence même du développement durable.
L’ingénierie, c’est le développement durable.
dit Geneviève David Watson, Directrice ESG chez Englobe
Notre rôle consiste à concevoir, évaluer et adapter les infrastructures pour qu’elles répondent aux besoins d’aujourd’hui tout en anticipant les défis de demain — qu’ils soient liés aux changements climatiques, à la résilience, à la croissance démographique ou aux contraintes relatives aux ressources.
Chez Englobe, cet état d’esprit est profondément ancré dans notre expertise et dans l’engagement de nos équipes à bâtir des solutions durables, responsables et tournées vers l’avenir.
Pour la suite, la prochaine frontière du développement durable dans l’industrie canadienne de l’ingénierie réside dans l’intégration complète de la résilience, de l’adaptation climatique et de la création de valeur à long terme à chaque projet et à chaque décision. Cela signifie aller au-delà de la conformité pour anticiper de façon proactive les risques et les occasions à venir, en s’appuyant sur les données et l’innovation pour concevoir des infrastructures capables de résister à l’évolution des conditions.
Les firmes qui réussiront seront celles qui sont en mesure de reconnaître le développement durable comme une composante fondamentale de l’excellence en ingénierie. C’est précisément là où Englobe est bien positionnée pour jouer un rôle de chef de file.
Englobe : En terminant, vous œuvrez dans un domaine complexe et en constante évolution. Sur le plan personnel, qu’est-ce qui vous motive au quotidien?
Ce qui continue de me motiver, c’est la capacité de transformer des défis complexes en matière de développement durable en actions concrètes et mesurables qui renforcent à la fois la performance organisationnelle et notre impact positif sur les communautés et les environnements où nous intervenons.
Sur le plan personnel, le développement durable est ce qui me motive profondément. C’est qui je suis. Si je ne travaillais pas dans ce domaine, je ne saurais honnêtement pas ce que je ferais.
Cela dit, ce n’est pas toujours simple. Le rôle vient avec son lot de complexités, d’examen attentif et de gestion du changement, et ces défis sont bien réels. Mais c’est aussi ce qui donne tout son sens au travail.
Faire avancer le changement, même lorsque c’est difficile, est nécessaire — et c’est tout simplement la bonne chose à faire. Savoir que les efforts que nous déployons aujourd’hui contribuent à une organisation plus résiliente, plus responsable et mieux préparée pour l’avenir est ce qui me garde engagée et déterminée, même lorsque le chemin à suivre n’est pas toujours linéaire.
Le Rapport de développement durable 2025 d’Englobe sera lancé le 18 juin 2026.